dimanche 10 février 2008

La graine et le mulet

"Sète, le port. Monsieur Beiji, la soixantaine fatiguée, se traîne sur le chantier naval du port dans un emploi devenu pénible au fil des années. Père de famille divorcé, s'attachant à rester proche des siens, malgré une histoire familiale de ruptures et de tensions que l'on sent prêtes à se raviver, et que les difficultés financières ne font qu'exacerber, il traverse une période délicate de sa vie où tout semble contribuer à lui faire éprouver un sentiment d'inutilité. Une impression d'échec qui lui pèse depuis quelque temps, et dont il ne songe qu'à sortir en créant sa propre affaire : un restaurant. Seulement, rien n'est moins sûr, car son salaire insuffisant et irrégulier, est loin de lui offrir les moyens de son ambition. Ce qui ne l'empêche pas d'en rêver, d'en parler, en famille notamment. Une famille qui va peu à peu se souder autour d'un projet, devenu pour tous le symbole d'une quête de vie meilleure. Grâce à leur sens de la débrouille, et aux efforts déployés, leur rêve va bientôt voir le jour... Ou, presque..."

Séance de rattrapage puisque ce deuxième film de Abdellatif Kechiche est sorti en décembre 2007 mais tout vient à point qui sait attendre! Pour rappel le premier film de Kechiche était l'Esquive, césar "surprise" du meilleur film en 2005, césar du meilleur espoir féminin pour Sarah Forestier et enfin césar du meilleur réalisateur.

Le film commence, il est produit par Claude Berri, c'est déjà un bon signe.
Oui mais voilà, 20 minutes plus tard je suis sur le point de quitter la salle car je m'ennuie ferme et pour rappel le film dure 2h30. La réalisation caméra à l'épaule ne me dérange pas, les gros plans ne me posent pas de problème non plus, c'est juste que je m'embête...cette famille est bien sympathique mais rien ne me touche.
Je n'ai jamais quitté la salle pendant un film, je n'allais pas commencer hier, je suis donc restée et j'ai bien fait!

La première demi-heure est donc de trop, mais il faut bien installer les personnages, et lorsque ça a été chose faite je n'ai plus plu décrocher mon regard de l'écran, je n'ai plus regarder ma montre, je n'ai plus soupiré, j'étais sous le charme.

Le film peut être résumé en un seul mot : touchant.
Les acteurs, pour la plupart non professionnels ou débutants , sont tous très justes!(à noter quans même la présence de Sabrina Ouazani qui était elle aussi nominée dans la catégorie meilleur espoir féminin pour l'Esquive)
Et une fois de plus Kechiche nous révèle une jeune actrice absolument incroyable, Hafsia Herzi, qui crève l'écran par son talent. Certaines scènes sont dures, comme celle où le personnage de Julia règle ses comptes avec la famille sous le regard désabusé de Sliman, j'avais envie de crier avec elle.
Certains diront que la fin est trop longue, je ne vais pas spoiler car j'espère qu'Akashana aura l'occasion le le voir, mais en ce qui me concerne je ne l'ai pas trouvée trop longue, je l'ai trouvée poignante, encore une fois grâce à Hafsia Herzi qui devient l'héroïne d'une scène de "don de soi" les plus troublantes qui soit.
Et la dernière image...qui tombe comme un couperet.

A voir absolument

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